60

Bastrop, Mississippi

Plusieurs coups de feu retentirent tandis que Hayward se jetait de cote, suivis par la clameur du fusil de chasse. La jeune femme tomba lourdement sur le sol en sentant passer au-dessus d’elle le souffle de la decharge de chevrotine. Elle eut la presence d’esprit de rouler sur elle-meme en sortant son arme, mais le faux medecin s’enfuyait deja en direction du parking, les pans de sa blouse blanche volant dans son sillage. Une nouvelle serie de coups de feu se fit entendre et Hayward vit la Rolls-Royce traverser le parking dans un nuage de gomme. Penche a travers la vitre du conducteur, Pendergast continuait a tirer, tel un cow-boy dechargeant son Colt depuis son cheval lance au galop.

La Rolls fit un derapage controle dans un crissement de pneus. Elle n’etait pas encore immobilisee que Pendergast ouvrait sa portiere a la volee et se ruait vers la jeune femme.

— Je n’ai rien ! lui cria-t-elle en peinant a se relever. Je n’ai rien, bon sang ! La-bas ! Il s’enfuit !

Elle n’avait pas acheve sa phrase qu’un moteur vrombissait et qu’une voiture s’eloignait en trombe avant de disparaitre dans la nuit.

Il l’aida a se relever.

— Pas le temps. Suivez-moi.

L’instant d’apres, les deux policiers poussaient violemment la double porte et passaient en courant devant le bureau d’accueil ou regnait une panique absolue. Accroupi derriere le comptoir, un agent de securite hurlait des instructions au telephone tandis que l’hotesse et plusieurs autres employes, couches par terre, attendaient la fin de l’orage. Pendergast entraina sa compagne vers une autre porte et agrippa par la manche le premier medecin dont il croisa la route.

— L’alerte du patient de la 323, dit-il en sortant son badge. Il ne s’agit pas d’un choc anaphylactique, mais d’une tentative de meurtre. On a tente de l’empoisonner en lui injectant un produit quelconque.

— Compris, acquiesca le medecin sans ciller. Pas une minute a perdre.

Tous trois se precipiterent dans l’escalier le plus proche et rallierent en un temps record la chambre de D’Agosta ou s’activaient en silence medecins et infirmieres au milieu d’une masse d’appareils clignotant de tous les cotes. D’Agosta gisait sur son lit, inanime.

Le medecin qui accompagnait Pendergast et Hayward s’avanca.

— Ecoutez-moi tous. Quelqu’un a administre a ce patient un produit mortel.

Une infirmiere releva la tete.

— Comment diable… ?

Le medecin la coupa d’un geste.

— La question n’est pas la. Il faut imperativement savoir quel produit a pu provoquer de tels symptomes.

Dans le brouhaha qui suivit, alors que s’echangeaient diagnostics et dossiers, le medecin se tourna vers Pendergast et Hayward.

— Vous ne pouvez rien de plus a ce stade, je vous demanderai de bien vouloir attendre dans le couloir.

— J’attends ici, repliqua Hayward.

— Il n’en est pas question.

Hayward franchissait le seuil de la chambre, resignee, lorsqu’un signal sonore se declencha. Elle tourna la tete et vit la courbe de l’electrocardiogramme s’aplatir dramatiquement.

— Mon Dieu ! s’ecria-t-elle. Je vous en supplie, laissez-moi rester…

La porte se referma au nez de la jeune femme et Pendergast l’entraina doucement dans le couloir.

La salle d’attente, petite et nette avec ses sieges en plastique scrupuleusement recures, disposait d’une seule fenetre pres de laquelle se posta Hayward. Son esprit travaillait a toute vitesse, a la facon d’un moteur detraque, sans qu’il lui fut possible d’aligner deux idees coherentes. Elle avait la bouche seche, ses mains tremblaient, et une larme solitaire lui roula le long de la joue, consequence incontrolee du sentiment de frustration et de rage qui la devorait.

La main de Pendergast se posa sur son epaule et elle la balaya d’un geste en s’ecartant d’un pas.

— Capitaine ? lui dit l’inspecteur d’une voix calme. Puis-je vous rappeler que le lieutenant et vous-meme venez d’etre victimes d’une tentative de meurtre ?

— Foutez-moi la paix, s’enerva-t-elle en secouant la tete.

— Vous devez retrouver votre instinct de policier. J’ai besoin de votre aide, et tout de suite.

— Je me contrefiche de votre enquete.

— Il ne s’agit plus uniquement de mon enquete, malheureusement.

Elle avala sa salive, le visage bute, les poings serres.

— Si jamais il meurt…

— Cela ne depend pas de nous, reprit la voix de Pendergast, sur le meme ton hypnotique. Ecoutez-moi bien. Je vous demande d’oublier un instant Laura Hayward et de redevenir le capitaine Hayward. Nous devons discuter ensemble d’un point precis. Sans attendre.

Elle serra les paupieres, totalement abattue. Elle n’avait meme plus la force de se rebeller.

— Tout semble indiquer que le meurtrier est un medecin, poursuivit Pendergast.

Elle n’en pouvait plus de toute cette histoire. Elle n’en pouvait plus de rien, meme de la vie. Si Vinnie mourait… Elle s’obligea a chasser cette idee de sa tete.

— J’avais pris des precautions hors du commun afin de tenir secrete la retraite de Vincent. Notre meurtrier a pu le retrouver et s’en prendre a lui parce qu’il avait acces a des dossiers medicaux et des produits pharmaceutiques. A ce stade, il existe deux possibilites. La premiere, c’est que notre homme appartient a l’equipe qui traite actuellement Vincent, mais j’ai du mal a croire a une telle coincidence. La seconde, plus vraisemblable, est que le meurtrier a retrouve Vincent en suivant a la trace la valve de porc implantee lors de son operation. Il se peut meme que nous ayons affaire a un specialiste de chirurgie cardiaque.

Comme la jeune femme ne repondait rien, il insista.

— Comprenez-vous ce que cela signifie ? Cela veut dire que Vincent lui aura servi d’appat. En le plongeant dans un coma mortel, le meurtrier souhaitait nous attirer dans ses filets. Il aura cru que nous arriverions ensemble, et ne pas le faire nous aura sauves.

Elle continuait a lui tourner le dos. Un appat ? Vinnie avait servi d’appat. Pendergast enchaina apres un court silence.

— Pour le moment, il n’y a rien d’autre a tenter. Je crois toutefois avoir realise une decouverte de premiere importance apres vous avoir quittee tout a l’heure. Le suicide de June Brodie a ete marque par un certain nombre de coincidences troublantes. Nous savons notamment qu’il a eu lieu une semaine apres l’incendie au cours duquel Slade a trouve la mort. Un mois plus tard, le mari de June annoncait a ses voisins qu’il partait en voyage a l’etranger, et personne ne l’a jamais revu depuis. Leur maison, longtemps abandonnee, a finalement ete vendue. J’ai bien tente de retrouver Brodie, sans succes jusqu’a present. Sauf qu’il ne semble pas avoir quitte le pays.

Hayward se retourna malgre elle.

— June etait une jolie jeune femme et tout semble indiquer qu’elle avait une aventure avec Slade depuis longtemps.

— Voila la solution ! reagit brusquement Hayward. June ne s’est pas suicidee. C’est son mari qui l’a tuee avant de s’enfuir.

— Deux elements contredisent une telle hypothese. Le premier est la note retrouvee apres son suicide.

— Il l’aura forcee a l’ecrire.

— Vous avez pu remarquer vous-meme que rien n’indiquait le moindre signe de precipitation ou de stress dans son ecriture. Mais ce n’est pas tout. Peu avant son suicide, June Brodie avait appris qu’elle souffrait de la maladie de Charcot, une sclerose laterale amyotrophique dont elle serait morte assez rapidement.

Un pli barra le front de Hayward.

— L’existence d’une maladie mortelle plaiderait pour le suicide.

— Meurtre ou suicide, murmura Pendergast. Il peut y avoir une troisieme solution.

Hayward prefera ignorer cette remarque sibylline a la Pendergast,

— Hudson, le detective prive, a ete assassine alors qu’il enquetait sur Brodie. Le coupable n’a pas envie de nous voir fouiller son passe, ce qui devrait nous inciter a perseverer.

Pendergast acquiesca.

— Que savez-vous d’autre sur elle ?

— Son histoire familiale est fort banale. Les Brodie se sont enrichis autrefois grace au petrole, mais leurs gisements se sont taris dans les annees 1960 et ils ont connu des jours nettement moins glorieux. June a grandi assez chichement et s’est contentee de suivre des etudes d’infirmiere, un metier qu’elle a pratique quelques annees seulement. Difficile de savoir si le metier ne lui convenait pas, ou bien si elle aspirait a gagner davantage d’argent comme assistante de direction. Quoi qu’il en soit, elle est entree chez Longitude ou elle est restee jusqu’a sa mort. Mariee a son flirt de lycee, elle semble avoir trouve davantage de reconfort aupres de Charles Slade.

— Qu’en pensait le mari ?

— Il n’etait pas au courant, ou bien alors il fermait les yeux.

Pendergast tendit une enveloppe a Hayward.

— J’aurais aime que vous jetiez un coup d’oeil a ceci.

Elle deplia le rabat et decouvrit plusieurs articles de journaux jaunis dans des pochettes transparentes, accompagnes d’une carte de la region.

— De quoi s’agit-il ?

— Vous disiez tout a l’heure que June Brodie jouait un role cle dans cette affaire et je vous suis sur ce point. Mais je voudrais attirer votre attention sur un autre element crucial : la geographie.

— La geographie ?

— Je pense tout particulierement aux marais du Black Brake, approuva Pendergast en montrant du menton les coupures de presse.

Hayward les feuilleta rapidement. Il s’agissait essentiellement de legendes attachees au Black Brake, telles que les avait rapportees la presse locale : des lumieres mysterieuses apparues la nuit, un chasseur de grenouilles porte disparu, diverses histoires de fantomes et de tresors caches. Elle-meme avait entendu des racontars similaires lorsqu’elle etait petite. Le marais, l’un des plus vastes du pays, avait toujours eu mauvaise reputation.

— Regardez, insista Pendergast en faisant courir son doigt sur la carte. D’un cote du Black Brake, nous avons le siege des laboratoires Longitude. De l’autre, la petite ville de Sunflower ou residait la famille Doane. Et puis vous avez les Brodie qui vivaient a Malfourche, un village bordant le lac a l’est du marais.

Pendergast tapota la carte du doigt.

— Et la, juste au milieu du Black Brake, vous avez Spanish Island.

— De quoi s’agit-il ?

— La famille Brodie etait proprietaire, au coeur du marais, d’un campement de chasse baptise Spanish Island. Ce n’etait pas une ile a proprement parler, plutot une butte de terre boueuse perdue en plein marecage. Le campement lui-meme etait erige sur pilotis, et il a ete abandonne dans les annees 1970, faute de clientele, Condamne depuis, il n’a jamais rouvert ses portes.

— Et alors ? demanda Hayward en croisant brievement son regard.

— Si vous lisez attentivement ces articles, vous constaterez qu’ils ont tous ete publies dans les colonnes de petits journaux locaux, a Sunflower, Itta Bena, et plus particulierement Malfourche. J’avais deja remarque l’abondance de reportages relatifs au marais en fouillant les archives du journal de Sunflower, sans y preter attention. Mais si vous reportez sur une carte les lieux mentionnes dans la presse, vous observerez qu’ils se trouvent systematiquement dans le voisinage de Spanish Island, en plein milieu des marais.

— Il s’agit de legendes, inspecteur. Des legendes pittoresques sans doute, mais rien d’autre.

— Il n’y a jamais de fumee sans feu.

Elle glissa les articles dans l’enveloppe et la lui rendit.

— Ce n’est plus du travail de police, c’est un jeu de devinettes. Vous ne disposez d’aucun element serieux permettant de pointer Spanish Island du doigt.

Une etincelle fugitive passa dans les yeux de Pendergast.

— Il y a cinq ans, une association de defense de l’environnement a entrepris de vider une decharge situee pres de Malfourche. Une decharge illicite comme on en trouve couramment dans le Sud, ou les gens deposent tout ce dont ils veulent se debarrasser, de leurs refrigerateurs jusqu’a leurs vieilles voitures. Les volontaires de cette association ont precisement exhume de la vase une automobile, et lorsqu’ils ont voulu retrouver la trace de son proprietaire afin de lui infliger une amende, ils n’ont jamais pu lui mettre la main dessus.

— Pourquoi ? A qui appartenait cette voiture ?

— Elle etait immatriculee au nom de Carlton Brodie, le mari de June, dont c’etait le dernier vehicule connu. Il s’agissait de l’auto avec laquelle il etait cense avoir quitte le pays,

Hayward fronca les sourcils, ouvrit la bouche et la referma aussitot, preferant le laisser poursuivre.

— Ce n’est pas tout. Un detail me tracassait depuis ce matin. Vous vous souvenez de cette jetee que nous avons vue chez Longitude, derriere le batiment 6 ?

— Eh bien ?

— Quel besoin les dirigeants de Longitude avaient-ils d’entretenir une jetee sur le marais du Black Brake ?

Hayward prit le temps de reflechir avant de repondre.

— Peut-etre etait-elle plus ancienne.

— C’est une possibilite, mais je ne le crois pas. Elle n’avait pas l’air assez vieille. Non, capitaine, tout nous ramene a Spanish Island, a commencer par cette jetee.

La conversation fut interrompue par l’irruption du medecin dans la salle d’attente. Il ne laissa pas le temps a Hayward de l’interroger.

— Il va s’en tirer, declara-t-il, incapable de dissimuler son propre soulagement. Nous avons trouve la solution juste a temps. Quelqu’un lui a injecte une dose de Pavulon, un puissant inhibiteur neuromusculaire dont on a decouvert qu’il manquait un flacon dans les reserves de l’hopital.

Hayward crut un instant qu’elle allait tourner de l’oeil. Elle s’agrippa au dossier d’une chaise et s’y laissa tomber.

— Dieu soit loue.

Le medecin se tourna vers Pendergast.

— Je ne sais pas comment vous avez devine, mais vous lui avez sauve la vie.

Hayward lanca un coup d’oeil gene en direction de l’inspecteur.

— Nous avons contacte les autorites locales comme il se doit, poursuivit le medecin. La police sera ici d’un moment a l’autre.

Pendergast remisa l’enveloppe dans une poche interieure de son costume.

— Fort bien. Nous allons devoir vous laisser pour une mission urgente, docteur. Voici ma carte, demandez a la police de prendre contact avec moi. Veillez surtout a ce que le malade soit sous protection policiere vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je doute que l’assassin souhaite recidiver, mais on ne sait jamais.

— Tres bien, monsieur Pendergast, approuva le medecin en decouvrant le nom de son interlocuteur sur la carte.

— Allons, capitaine. Pas de temps a perdre, conclut Pendergast en se dirigeant vers la porte.

— Mais… ou allons-nous ? s’etonna Hayward.

— A Spanish Island.

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